La rénovation du Muséum d’Histoire Naturelle de la Rochelle a permis de créer un lieu unique de 2500m², où l’histoire du bâtiment datant du 18ème siècle et la richesse des collections sont intégrées en parfaite harmonie dans une scénographie contemporaine.
Le muséum a pour origine le cabinet de curiosités de Clément Lafaille qu’il légua ainsi que sa bibliothèque, à la Ville de la Rochelle pour en faire un musée. Ce cabinet resté quasiment intact a été restauré 18ème, en conservant ses pilastres, frises, corniches sculptées, ses vitrines de coquillages et son coquiller en acajou massif et a retrouvé ses couleurs jaune et rouge de l’époque.
Autre salle historiquement importante est la salle de zoologie datant du 19ème siècle, située au 1er étage. Elle a également été restaurée à l’identique et a conservé ses vitrines 19ème où sont exposées des spécimens du monde entier selon la classification du biologiste français Georges Cuvier.
En plus de la richesse architecturale du lieu, le muséum de la Rochelle possède une collection d’objets et spécimens très différents, parfois célèbres, de provenances souvent lointaines et sur des thèmes variés qui offrent une représentation complète des sciences naturelles : zoologie, botanique, géologie et ethnographie-archéologie
Pour exemple, la girafe offerte par le Pacha d’Egypte au roi Charles X, première girafe arrivée vivante en France en 1826. Après 18 ans à la ménagerie du Jardin des Plantes, « Zarafa » entre comme spécimen naturalisé dans les collections du Muséum National d’Histoire Naturelle qui l’offre au muséum de la Rochelle dans les années 30. Autres spécimens zoologiques célèbres, l’orang-outang de Joséphine, le lion du Duc d’Orléans ou encore le condor de d’Orbigny.
Dans ce bâtiment chargé d’histoire et avec cette diversité de présentations et d’objets, le projet d’éclairage avait pour objectif de révéler les œuvres présentées sans perturber l’architecture du lieu.
Pour y parvenir, les appareils d’éclairage - plafonniers ou encastrés orientables au design épuré et discret - sont implantés uniformément dans l’espace. Ils ont une finition proche du fond sur lequel ils sont fixés (pour les faire disparaitre), sont accessibles et situés de préférence à l’extérieur des vitrines afin d’éviter les hausses de température, les chutes éventuelles et la présence d’un conservateur lors des opérations de maintenance.
Des projecteurs sur rails ont permis de s’adapter aux configurations architecturales particulières de certaines salles du muséum (combles, retombées de poutres et charpentes de toitures).
Les sources utilisées sont de 2 types : tubes fluorescents T5 pour l’éclairage général des vitrines et lampes halogènes, qui ont un excellent indice de rendu des couleurs, pour l’éclairage d’accentuation des œuvres. La température de couleur de 3000°K permet d’obtenir une ambiance chaleureuse et un confort visuel de jour comme de nuit.
Une attention particulière a été portée à la fragilité des œuvres tels que plumes, textiles et cuirs peints. Un ensemble de diapositifs a été mis en place pour contrôler l’éclairage sur ces objets (variateurs, filtres mécaniques, filtres dichroïques, fibre optique…).
La collaboration étroite entre l’architecte chargé de la muséographie et l’éclairagiste ont donner naissance à des ambiances très variées qui contribuent à la richesse de ce musée ; très neutre dans les salles historiques, la lumière participe à la mise en scène dramatique de la salle des croyances et rites du 3ème étage.